
Fidélisation & attractivité : La proximité géographique est décisive
S’il y a quinze minutes de trajet ou moins entre le domicile du licencié et le terrain de rugby, les chances qu’il revienne la saison suivante demeurent fortes. A contrario, avec plus de vingt minutes de transport, il y a un risque de perte. « La proximité d’un club ou du terrain de rugby est un facteur clé », insiste Damien Ressiguié, DTL de Nouvelle-Aquitaine, qui forme avec Nathalie Janvier, vice-présidente déléguée à l’attractivité et à la fidélisation des cadets/juniors, un binôme élu-acteur de terrain au cœur d’un groupe de travail dédié. « Évidemment, selon le type de territoire, l’offre est plus ou moins large. Je pense notamment aux équipes féminines, séniores ou cadettes, moins nombreuses. Le maillage du territoire devient donc essentiel pour nous. »
Nathalie Janvier va plus loin : « Consciente de l’importance de la proximité géographique, la FFR agit sur ce levier dès l’école de rugby. » Le ramassage des licenciés est déjà organisé çà et là. Le développer est en réflexion. « Un bel exemple, poursuit-elle. En Auvergne – Rhône-Alpes, la Région a déjà offert aux associations sportives (tous sports confondus) plus de 200 minibus ; cela permet aux clubs de rugby qui en ont besoin d’effectuer des ramassages dans les villages environnants, et ainsi donner la possibilité à des jeunes sans moyen de locomotion de venir à l’entraînement. »
L’élue poursuit : « La création des antennes écoles de rugby est aussi une des pistes pour l’attractivité et la fidélisation. Il y a, dans certains territoires, des terrains parfois inutilisés et un club qui se situe dans le même bassin. L’objectif est de déplacer les éducateurs, les dirigeants, le matériel sur ce terrain et de se rapprocher ainsi des licenciés potentiels, pour leur éviter d’avoir à se déplacer : ainsi se développent les antennes EDR. »
Essentiels, ces « satellites » d’un club de rugby sont mis en place pour un quartier, un village ou un territoire sans sport ovale, mais souvent, pas sans terrain. Cela a l’avantage de réduire les distances entre la pratique et le licencié. La création de nouveaux clubs dans des territoires peu achalandés relève carrément de l’idéal. « Plutôt que des “rassemblements de confort”, poursuit l’élue, le club a intérêt à travailler davantage sur le recrutement de quelques joueurs et joueuses supplémentaires. Car si nous voulons renforcer notre base et mailler davantage le territoire, ce n’est pas seulement le nombre de licenciés que nous devons faire évoluer, mais surtout le nombre d’équipes. »
Dans des zones plus urbaines, il faudra en priorité mettre l’accent sur la fidélisation, ce qui sera moins marqué dans les communes rurales : « Tout le monde a tendance à agir de la même façon alors que les constats, réalités et arguments ne sont pas les mêmes selon les territoires. Ainsi, les taux de réaffiliation en zone urbaine sont autour de 62 %, alors qu’ils se rapprochent de 68 % dans les communes rurales », souligne Nathalie Janvier.
En marge de cela, le groupe de travail concerné par l’attractivité et la fidélisation chez les jeunes mène aussi une réflexion approfondie autour des différents points réglementaires relatifs aux flux des joueurs : gestion des rassemblements, des doubles licences, des mutations. Combien de clubs peuvent « s’associer » pour composer un rassemblement ? Quel pourrait être le nombre minimum de joueurs/équipes appartenant à un rassemblement ?
Si la proximité géographique est cruciale pour une pratique pérenne du rugby, la passion peut parfois faire traverser des océans ! C’est ce que va prochainement vivre la jeune et ambitieuse Réunionnaise Nolwen Venezia–Sainte-Rose (centre ou troisième ligne, 17 ans). Fidèle licenciée à son club du XV Dionysien depuis ses neuf ans, elle s’entraîne tous les jours en cette saison de baccalauréat.
Elle rejoindra ensuite la métropole en 2026 pour y poursuivre ses études avec une forte ambition rugbystique, avec l’Élite 1 dans un coin de la tête. « Par rapport au hand ou au foot ici à La Réunion, argue-t-elle, c’est plus compliqué de pratiquer le rugby, même si c’est un sport collectif de combat que j’adore. Heureusement, les terrains de mon club ne sont pas trop éloignés. La quasi-totalité de mes coéquipiers ont continué le rugby. »

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