
Jean-Marc Lhermet : « Aligner performance, santé des joueurs et intérêt collectif »
Fédération
La nouvelle convention FFR/LNR pose un cadre structurant pour les équipes de France, les clubs professionnels et le rugby amateur. Jean-Marc Lhermet, Vice-Président délégué à la haute performance et aux officiels de matchs, revient sur les enjeux, les avancées et la philosophie de cet accord majeur pour le rugby français.
Est-ce que ce n’est pas le rugby français qui est le grand gagnant de cette nouvelle convention ?
Oui, clairement. Cette convention est au cœur du rugby français parce qu’elle définit le mode de fonctionnement entre la FFR — avec les équipes de France et le monde amateur — et le haut niveau professionnel représenté par la LNR et les clubs.
Cette articulation entre ces deux mondes est fondamentale pour la santé du rugby français. Nous avons deux structures très fortes, qui fonctionnent très bien. L’enjeu, c’est qu’elles avancent dans le même sens, sans divergences de vision ou d’objectifs. Cette convention permet justement cet alignement. Son aboutissement est avant tout une victoire collective pour le rugby français.
Cette articulation entre ces deux mondes est fondamentale pour la santé du rugby français. Nous avons deux structures très fortes, qui fonctionnent très bien. L’enjeu, c’est qu’elles avancent dans le même sens, sans divergences de vision ou d’objectifs. Cette convention permet justement cet alignement. Son aboutissement est avant tout une victoire collective pour le rugby français.
Quel impact concret cette convention va-t-elle avoir sur le XV de France ?
World Rugby définit, via la règle 9, des périodes de mise à disposition des joueurs et un cadre général qui n’est pas toujours adapté au contexte français. Nous sommes donc obligés de décliner cette règle en tenant compte de nos spécificités.
La convention précise ainsi le mode de mise à disposition des joueurs et, plus largement, les relations entre les équipes de France et les clubs professionnels. Ce cadre est essentiel pour optimiser la performance, à la fois du XV de France et des clubs. On ne peut pas avoir un rugby français performant sans une vitrine performante. La convention n’est idéale ni pour l’équipe de France ni pour les clubs, mais c’est la meilleure solution possible pour préserver notre modèle.
La convention précise ainsi le mode de mise à disposition des joueurs et, plus largement, les relations entre les équipes de France et les clubs professionnels. Ce cadre est essentiel pour optimiser la performance, à la fois du XV de France et des clubs. On ne peut pas avoir un rugby français performant sans une vitrine performante. La convention n’est idéale ni pour l’équipe de France ni pour les clubs, mais c’est la meilleure solution possible pour préserver notre modèle.
Comment sont organisées les périodes de rassemblement des joueurs ?
La convention encadre les trois grandes périodes de rassemblement : la tournée d’été, la tournée d’automne et le Tournoi des Six Nations. Elle précise combien de joueurs peuvent être convoqués, combien de temps ils sont mis à disposition et combien peuvent être relâchés pour jouer avec leurs clubs le week-end. Cela apporte un cadre clair et plus de lisibilité pour tous les acteurs.

Convention FFR / LNR officiellement adoptée : Une victoire majeure pour le rugby français !
Après plusieurs mois de travail et d’échanges constructifs, les Assemblées Générales respectives de la FFR et de la LNR ont officiellement approuvé, la nouvelle…
Quelles sont les principales nouveautés par rapport à la convention précédente ?
La première concerne la tournée d’été qui toutes les années paires deviendra le Bloc 1 de la nouvelle compétition « Nations Championship ». Désormais, le sélectionneur du XV de France pourra disposer des joueurs qu’il souhaite pour partir en tournée, alors qu’il était auparavant contraint sur le nombre de joueurs ayant participé à la Finale du TOP14. Bien entendu, cela passera par des échanges en amont avec les managers et les entraîneurs des clubs concernés pour tenir compte de l’état physique du joueur.
La seconde nouveauté touche à la gestion du groupe pendant le Tournoi des Six Nations. Comme lors de la Convention précédentes, 42 joueurs seront convoqués en début de semaine, mais seuls 28 seront conservés à partir du Mercredi. Jusqu’ici, certains joueurs faisaient beaucoup d’allers-retours entre leur club et Marcoussis. Il y aura désormais une forme de rotation, pour que ce ne soit pas toujours les mêmes et pour offrir davantage de visibilité aux clubs dans l’organisation de leurs entraînements.
La seconde nouveauté touche à la gestion du groupe pendant le Tournoi des Six Nations. Comme lors de la Convention précédentes, 42 joueurs seront convoqués en début de semaine, mais seuls 28 seront conservés à partir du Mercredi. Jusqu’ici, certains joueurs faisaient beaucoup d’allers-retours entre leur club et Marcoussis. Il y aura désormais une forme de rotation, pour que ce ne soit pas toujours les mêmes et pour offrir davantage de visibilité aux clubs dans l’organisation de leurs entraînements.
La protection de la santé des joueurs est également un axe fort de cette convention…
Absolument. En dehors des périodes internationales, nous avons souhaité travailler sur les rythmes de jeu afin de préserver à la fois la santé et la performance de nos joueurs les plus sollicités.
La FFR et la LNR ont une responsabilité commune dans la gestion de ces joueurs. Une organisation expérimentale sera mise en place sur un an (Saison 26-27) : nous raisonnons par blocs de huit matchs, avec l’objectif que les joueurs n’en disputent pas plus de six, afin de garantir deux week-ends sans match.
La responsabilité de cette gestion étant partagée, les joueurs Internationaux devront également respecté un aménagement dans le rythme de la saison internationale.
La FFR et la LNR ont une responsabilité commune dans la gestion de ces joueurs. Une organisation expérimentale sera mise en place sur un an (Saison 26-27) : nous raisonnons par blocs de huit matchs, avec l’objectif que les joueurs n’en disputent pas plus de six, afin de garantir deux week-ends sans match.
La responsabilité de cette gestion étant partagée, les joueurs Internationaux devront également respecté un aménagement dans le rythme de la saison internationale.
Ce dispositif est-il amené à évoluer ?
Oui. Un groupe de travail réunissant des experts indépendants ainsi que des représentants de la FFR et de la LNR va analyser cette organisation. L’idée est d’évaluer son efficacité et, si besoin, de proposer d’autres solutions.
Nous disposons aujourd’hui de nombreuses données scientifiques sur lesquelles nous appuyer pour construire des règles réellement pertinentes pour gérer les sollicitations des joueurs, et ainsi préserver leur performance et leur santé.
Cette convention a-t-elle aussi un impact sur l’équipe de France à 7 ?
Oui, mais différemment du XV. Nous avons de fortes ambitions pour les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. La problématique est différente du XV puisque les joueurs du 7 sont salariés de la FFR, mais la densité des compétitions mondiales et la volonté d’élargir le groupe imposent d’avoir accès à davantage de joueurs.
Un accord a été trouvé avec les clubs professionnels à travers une liste « Objectif 2028 ». Elle permet au staff du 7 d’identifier jusqu’à trois joueurs par club, pour lesquels la FFR dispose d’une priorité afin de les engager sur certains tournois. Cette notion de priorité repose avant tout sur la bonne intelligence et un dialogue constant avec les clubs et leurs managers.
Nous disposons aujourd’hui de nombreuses données scientifiques sur lesquelles nous appuyer pour construire des règles réellement pertinentes pour gérer les sollicitations des joueurs, et ainsi préserver leur performance et leur santé.
Cette convention a-t-elle aussi un impact sur l’équipe de France à 7 ?
Oui, mais différemment du XV. Nous avons de fortes ambitions pour les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. La problématique est différente du XV puisque les joueurs du 7 sont salariés de la FFR, mais la densité des compétitions mondiales et la volonté d’élargir le groupe imposent d’avoir accès à davantage de joueurs.
Un accord a été trouvé avec les clubs professionnels à travers une liste « Objectif 2028 ». Elle permet au staff du 7 d’identifier jusqu’à trois joueurs par club, pour lesquels la FFR dispose d’une priorité afin de les engager sur certains tournois. Cette notion de priorité repose avant tout sur la bonne intelligence et un dialogue constant avec les clubs et leurs managers.
Pourquoi avoir privilégié le dialogue plutôt que des règles chiffrées strictes ?
World Rugby a évoqué une préconisation de 30 matchs maximum par saison, mais nous estimons que c’est une solution trop rigide. Trente matchs de 20 minutes ou de 60 minutes, ce n’est pas la même chose. Et 30 matchs pour un ailier de 20 ans ou pour un pilier de 33 ans, ce n’est pas comparable.
Nous avons donc fait le choix d’un système plus souple, reposant sur un cadre précis, mais fondé sur l’échange entre les experts des clubs et ceux des équipes de France. Fabien Galthié est régulièrement en contact avec les managers. Deux fois par an, le staff du XV de France est accueilli en immersion dans un club pour un séminaire. Cela permet de comprendre leurs méthodes, leurs contraintes et de construire ensemble les meilleures solutions.
Nous avons donc fait le choix d’un système plus souple, reposant sur un cadre précis, mais fondé sur l’échange entre les experts des clubs et ceux des équipes de France. Fabien Galthié est régulièrement en contact avec les managers. Deux fois par an, le staff du XV de France est accueilli en immersion dans un club pour un séminaire. Cela permet de comprendre leurs méthodes, leurs contraintes et de construire ensemble les meilleures solutions.
Au-delà du haut niveau, quel est l’impact de cette convention pour le rugby amateur ?
Dès le départ, notre vision ne concerne pas uniquement la performance et la santé des joueurs, mais aussi le rugby amateur. Le rugby est un tout. Pour que le système fonctionne durablement, il doit être équilibré. La visibilité et la vitrine que représentent les clubs professionnels et les équipes de France doivent bénéficier aux 2 000 clubs français.
Dans la convention, les flux financiers sont clairement identifiés : ceux qui reviennent aux clubs professionnels, à la Fédération, et ceux qui sont réorientés vers le monde amateur. Des thématiques prioritaires sont définies, comme les CTC, les antennes d’écoles de rugby ou encore les actions du fonds de dotation. C’est ainsi que la performance du haut niveau nourrit durablement l’ensemble du rugby français.
Dans la convention, les flux financiers sont clairement identifiés : ceux qui reviennent aux clubs professionnels, à la Fédération, et ceux qui sont réorientés vers le monde amateur. Des thématiques prioritaires sont définies, comme les CTC, les antennes d’écoles de rugby ou encore les actions du fonds de dotation. C’est ainsi que la performance du haut niveau nourrit durablement l’ensemble du rugby français.
05/02/2026
