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Rugby Amateur : Jeunes licenciés, comprendre pour fidéliser

Au coeur du jeu
La FFR prend à bras-le-corps les questions relatives à l’attractivité de la pratique auprès de ses jeunes licenciés. Quelles sont leurs motivations ? Sont-ils fidèles ? Quels sont les profils de ses jeunes ? Pour répondre à ces questions, une étude approfondie a été menée par la FFR, avec des constats parfois surprenants.

Une évidence  : le rugby par la base concerne les plus jeunes licenciés mais, pour que ceux-ci renforcent les effectifs des autres catégories, encore faut-il les conserver. La fidélité des M14 aux M18 a toujours été une préoccupation pour l’institution ; aussi, pour savoir de quoi on parle, le président de la FFR, Florian Grill, a demandé un diagnostic complet et chiffré en s’appuyant sur des études menées durant plus de six mois par le service data de la FFR.

Il en est sorti une étude approfondie qui permet de mieux cerner les motivations, les freins et les profils de ces jeunes joueurs. Entre idées reçues et réalités chiffrées, la lecture de cet état des lieux inédit permet de mieux comprendre les jeunes licenciés ; un impératif pour renforcer leur fidélité. Se dégage ainsi une mission pour ce groupe de travail : accompagner les clubs pour être at- tractifs, accueillants et fidélisants.

Établir un constat précis et factuel

Missionnés pour établir un constat précis et factuel, le duo composé par Nathalie Janvier, vice-présidente déléguée à l’attractivité et à la fidélisation, et Damien Ressiguié, DTL de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, ont déjà une première lecture de ce rapport. Pour l’élue, par ailleurs professeure d’EPS, avant de proposer des solutions, il faut regarder les choses indiscutables  : « Ce qu’on ne peut pas nier, c’est qu’entre 2010 et 2020, il y a eu des baisses significatives des effectifs dans ces tranches d’âge. Mais depuis 2020, on s’aperçoit que ces effectifs sont repartis à la hausse. »

Selon l’étude, on sait donc que cette période a vu une baisse du nombre de jeunes licenciés, mais due avant tout à une chute de l’attractivité (-10 %) bien plus qu’à une baisse de fidélisation (+4  %). Autrement dit, ceux qui découvraient le rugby étaient moins nombreux, mais ceux qui jouaient déjà restaient fidèles.

Légitimement, on pouvait se demander si ce phénomène de perte de jeunes licenciés était massif. Contrairement aux idées reçues, non. Depuis 2020, les données sont claires  : les taux de fidélisation chez les ados sont élevés. En M16, ils atteignent 78 %, en M19, 75 %, et chez les filles, 75 % en M15F et 70 % en M18F. Ce sont même les meilleures performances de l’ensemble des catégories d’âge. L’impression d’un abandon massif relève donc plus du ressenti que de la réalité.

Les raisons principales de la volatilité

Ce document de travail met en lumière aussi les raisons principales de la volatilité de certains jeunes. Le DTL Damien Ressiguié les résume  : « La blessure chez les jeunes touche le corps, mais aussi le mental, les études avec le passage au lycée ou aux études supérieures changent les priorités, l’éloignement géographique avec un trop long temps de trajet n’est pas motivant, la dynamique de groupe est très présente également et joue sur le taux de réaffiliation. Une mauvaise intégration ou une relation dégradée avec les encadrants peut faire fuir. » Enfin, des données comme le zapping lié à une époque, ou la concurrence d’autres sports ou activités, voire l’inactivité tout court sont d’autres motifs connus.

Le binôme Nathalie Janvier-Damien Ressiguié entend s’appuyer sur ces premiers constats  : « Cette étude nous permet déjà d’identifier les causes précises, et on va pouvoir engager des démarches positives auprès des jeunes. » Le DTL voit plus loin encore  : « L’idée peut même être présentée en  : “Comment transformer un abandon en opportunité ?” Celui qui hésite à s’engager de nouveau peut se voir réorienter vers une autre forme de pratique, valoriser son expérience acquise, proposer d’autres rôles au sein du club comme devenir dirigeant, arbitre, éducateur. La fidélisation ne passe pas uniquement par la poursuite du jeu, mais aussi par l’appartenance à une communauté. »

Plus qu’un simple état des lieux, cette étude offre aux clubs et aux techniciens des leviers concrets pour transformer les fragilités des jeunes catégories en opportunités. Celles-ci seront détaillées dans votre Rugby Mag tout au long de la saison 2025-2026, permettant ainsi d’inscrire durablement les jeunes dans l’aventure du rugby.

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La Rédaction

30/09/2025