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Commission Nationale des Épreuves  : Harmoniser les compétitions

Au coeur du jeu
Le 23 octobre dernier, la Commission nationale des Épreuves de la FFR s’est réunie avec les élus des douze Ligues régionales à Marcoussis avec pour objectif de réfléchir ensemble à l’harmonisation maximale des compétitions régionales.

Au cœur de la salle Twickenham, une trentaine d‘élus prennent place à 9 h 30 pétantes. Venus des quatre coins de France, ils sont là pour débattre sur les problématiques et les réussites de leurs Ligues respectives quant à l’organisation des épreuves et compétitions annuelles sous la houlette de Xabi Etcheverry, vice-président chargé des compétitions à la FFR, et de Martin Sagui, responsable des compétitions féminines à la FFR.

Le président de la FFR, Florian Grill, a également tenu à suivre les discussions de la matinée et à s’adresser aux représentants régionaux  : « Notre première mission est l’organisation des compétitions. Nous fabriquons des aventures humaines collectives qui restent des souvenirs pour la vie. C’est le cœur de la fédé, peut-être la mission la plus difficile. On peut gérer plein de choses, redresser les comptes, négocier le contrat avec le Stade de France… Si les compétitions ne tournent pas, les clubs ne sont pas contents. »

Le premier chantier de la journée concerne la réécriture de l’article 331 qui indique que chaque Ligue doit considérer le nombre total d’équipes engagées de la Régionale 1 à la Régionale 3, mais aussi respecter les règles de répartition suivantes  : 30 % maximum d’équipes engagées en Régionale 1, 35 % maximum en Régionale 2 et 35 % minimum en Régionale 3. Une modification de cet article serait la suite logique d’un ajout de 2023 avec la création des championnats de France Promotion Régionale 1, Promotion Régionale 2 et Promotion Régionale 3.

Xabi Etcheverry explique l’objectifpremier  :« On souhaite amener plus de titres de champions de France, notamment en séries territoriales, en ajoutant ces trois titres et un titre de champion de France au niveau des championnats Réserve Régionale 2 et 3. On considère que cela fait partie de la culture et de l’identité du rugby français. Le deuxième objectif est de permettre aux Ligues, si elles le souhaitent, de rajouter un niveau de compétition supplémentaire là où elles le désirent. »

Adapter l’article 331

Ajouter un niveau de compétition, deux Ligues l’ont fait. Tout d’abord, celle de Nouvelle-Aquitaine, qui en a ajouté un sur le bas de la pyramide avec une Promotion Régionale 3 à part entière. La Ligue Hauts-de-France a, elle, inséré un niveau sur le milieu de la pyramide en créant une Promotion Régionale 2 à part entière. Des modifications qui nécessitent d’adapter un article 331 plus totalement en phase avec cette évolution.

La Ligue Hauts-de-France mène son action avec un groupe resserré de 35 équipes engagées en compétitions régionales, un fonctionnement naturellement différent de celui des Ligues qui en comptent plus de 160, comme en témoigne son vice-président, Bertrand Dubar  : « Il y a des Ligues qui ont sur leur seul niveau de Régionale 1 l’équivalent de la totalité de nos clubs, ce qui n’empêche pas la même philosophie, à savoir préparer au mieux à la montée. Et c’est là que les opportunités de souplesse de création de ces niveaux intermédiaires permettent de répondre aux besoins de tous. »

Seconde thématique du jour  : l’anticipation de la transmission des douze règlements sportifs de chaque Ligue, essentielle pour le bon déroulement des compétitions. Ce point du calendrier a trouvé une unanimité pour établir un rétroplanning. Les acteurs ont ainsi échangé sur les règlements sportifs des compétitions féminines et jeunes.

Xabi Etcheverry  : « Il y a eu cette question posée pour les féminines. Est-ce que l’on attend de savoir le nombre d’engagements (équipes alignées sur la saison, ndlr) fourni par les Ligues pour déterminer le nombre de qualifiés en phase finale du championnat de France ou est-ce qu’on le décide en amont  ? Le retour majoritaire de la table est d’attendre le nombre d’engagements dans ces compétitions féminines et Réserve Régionale 2 et 3. »

Le vice-président chargé des compétitions à la FFR explique également que pour déterminer un nombre de qualifiés par Ligue, la Fédération se base sur deux principes généraux  : le premier garantit à chaque Ligue organisant un championnat dans une compétition donnée d’avoir au moins un qualifié. Le second vise à répartir les autres places au prorata.

Un nombre d’équipes engagées plus important pour les Ligues du Sud

Des pistes de réflexion ont été évoquées pour débattre sur une homogénéisation des obligations régionales, en particulier dans les écoles de rugby, les équipes jeunes et réserves. L’après-midi s’est lancée avec le tableau de répartition de qualifiés par Ligue pour les compétitions séniors, féminines et jeunes. Un sujet qui suscite le débat, avec des intérêts qui divergent entre des Ligues avec des effectifs importants et d’autres où ils sont plus réduits.

En prenant l’exemple du nombre de qualifiés en R1 séniors en 32e de finale, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine disposent de 14 représentants contre 2 pour des Ligues comme le Centre-Val-de-Loire ou les Hauts-de-France. Une répartition qui répond à un nombre d’équipes engagées plus important pour les Ligues du Sud. Le Centre-Val-de-Loire a proposé une réduction du nombre de tours pour commencer aux huitièmes de finale avec un à deux qualifiés par Ligue, là où les Ligues plus importantes défendent leur nombre et un ratio qui résulte de poules plus conséquentes en équipes.

Pour cette même division R1 et sa Promotion, il est évoqué une réflexion sur le nombre de tours, en soulignant un pourcentage plus important de qualifiés que les autres divisions (près d’une équipe engagée sur deux va aux championnats de France). « C’est légitime qu’ils cherchent à avoir plus de qualifiés de chaque côté,développeXabi Etcheverry. Mais ils comprennent aussi que c’est un championnat de France et qu’il faut qu’il y ait un minimum de qualifiés par Ligue, mais aussi un ratio de qualifiés intéressant pour tous. »

Pour conclure une journée riche en échanges, la question des équipes 3 a été abordée avec trois interrogations essentielles. La première concerne les rassemblements de ces équipes, avec une vigilance particulière portée sur les équipes dites « déguisées », un casse-tête d’organisation. La seconde  : comment aider des équipes 3 en difficulté sportive et comment parvenir à développer intelligemment un système de double licence pour aider des clubs d’un même bassin en besoin de joueurs à collaborer avec des clubs à gros effectifs pour bâtir une équipe 3 ?

Un championnat de France propre aux équipes 3 ?

Les règlements sont un peu disparates entre les Ligues. « C’est vrai, reconnaît Xabi Etcheverry, un inventaire doit être fait pour voir s’il y a une possibilité d’homogénéisation de ces règlements-là », souligne-t-il sur ce second volet de l’échange, avant de rebondir sur le troisième point  : la participation de ces équipes aux phases finales régionales voire nationales, notamment dans le cas d’une équipe à la suite d’un rassemblement ou d’une fusion.

Il prend pour cela en compte les mouvements des joueurs dans ces équipes 3  : « Voyons combien de joueurs jouent au niveau le plus bas dans ces équipes pour éventuellement leur permettre de jouer un championnat de France. » Et pourquoi pas, un jour, parvenir à créer un championnat de France propre aux équipes 3  ? La FFR n’y ferme pas la porte quand toutes ces interrogations auront trouvé réponse.

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La Rédaction

22/01/2026