Le 20 juin dernier, le club de Portet-sur-Garonne (Régionale 2) a célébré son centenaire, à quelques encablures de Toulouse, au sud-ouest de la Ville rose. Une journée mémorable pour les Vert et Rouge, à l’image de nombreux clubs qui, chaque saison, font vivre leur histoire à l’occasion d’un anniversaire marquant. À l’US Portésienne, cette célébration tenait particulièrement au cœur de la famille Serres, très impliquée dans la vie du club. De retour de La Réunion en 2023, Frédéric Serres en est le président depuis 2024.
La soixantaine passée, il a porté les couleurs rouge et vert de 5 à 39 ans, avant d’occuper de nombreuses fonctions, de bénévole à entraîneur puis manager. Pour lui, ce centenaire était autant l’occasion de célébrer le passé que de regarder résolument vers l’avenir : « Fêter ses cent ans était une fierté. Regarder dans le rétroviseur aussi. C’est une belle manière de mesurer tout ce qui a été accompli. Depuis deux ans, nous avons également relancé plusieurs actions et initiatives pour donner un nouvel élan au club, au cœur d’un territoire qui ne peut pas s’agrandir et où la concurrence est forte. Mais l’essentiel est là : profiter de ce joyeux centenaire et continuer à écrire l’histoire de notre club pour les années à venir. »
Quel que soit l’anniversaire célébré, l’objectif reste souvent le même : réunir les générations, retrouver les anciens et faire revivre l’histoire du club. À Portet-sur-Garonne, Véronique Serres, trésorière adjointe et responsable des festivités, a consacré une saison entière à cette mission : « Quel plaisir de rassembler à nouveau des joueurs qui ont porté ces couleurs. […] L’organisation a presque été un travail à temps plein, avec beaucoup de coups de téléphone, de mails. L’essentiel était de retrouver les acteurs, les joueurs, grâce à nos archives. Tout ça valait le coup. »
En amont, les commerçants de la ville ont également été associés à l’événement, en décorant leurs devantures ou en participant au financement des retrouvailles et des maillots prévus pour les entraînements. Sur les 500 personnes invitées, près de 300 anciens joueurs, toutes générations confondues, étaient présents.
Parfois, le club compte des célébrités ; parmi les figures les plus célèbres ayant porté les couleurs du club, on peut citer Jean-Marie Nouziès, Henri Fourès, Erik Bonneval, Marc Giraud ou encore Christophe Deylaud. L’ancien n° 10 des Bleus et de Toulouse, aujourd’hui vice-président du club et beau-frère du couple Serres, se souvient y avoir connu toutes les catégories, de l’école de rugby jusqu’à ses 20 ans, avant d’y revenir comme entraîneur. « Ici, c’est ma seconde famille et c’est merveilleux qu’elle se soit réunie de la sorte. On voit que les anciens sont revenus au club les dimanches et que l’école de rugby est efficace. »
Les élus font aussi partie de la fête ; à Portet, Thierry Suaud ne pouvait pas manquer cet événement célébrant l’une des associations les plus importantes de sa commune avec le discours parfait : « Je souhaite saluer toutes celles et ceux qui ont organisé cet événement sans compter leurs heures, pousse monsieur le maire. Ce grand club le mérite, lui qui a tant marqué le rugby, la ville et les hommes et femmes qui y sont passés. »
Comme dans tous les clubs, rien n’aurait été possible sans la mobilisation des bénévoles. Car même lorsque tout est préparé depuis des mois, le jour J réserve toujours son lot d’imprévus. À Portet-sur-Garonne, la canicule a notamment contraint les organisateurs à adapter leur dispositif, jusqu’à installer des climatiseurs géants dans les salles prévues pour la soirée.
En amont, les réunions mensuelles puis hebdomadaires ont permis de tout anticiper : communication, invités, lieux d’accueil, financement, animations, fournisseurs, restauration et boissons. Mais Farida Lapene, dirigeante en charge des événements depuis 1998, le sait : « Dans ce genre d’organisation, il faut savoir s’adapter. » Au cœur du dispositif le jour venu, notamment pour accueillir les invités du grand gala, elle résume l’esprit de ces rendez-vous : « Le club et la culture sont rassembleurs en France. Et à Portet-sur-Garonne, on l’a bien compris. »
À l’issue de l’apéritif animé en musique, plusieurs générations sont invitées sur l’estrade pour être célébrées et recevoir un mini-bouclier souvenir. Mais au-delà du programme et des animations, le vrai plaisir est ailleurs : dans les retrouvailles. Autour des tables, les anciens coéquipiers et amis se racontent leurs souvenirs et renouent avec ceux qu’ils n’avaient parfois pas revus depuis des années. Parmi eux, l’ancien troisième ligne Marc Giraud, entouré de ses copains : « C’est le club de mon village où j’allais à vélo, là où j’ai appris le rugby et ces valeurs de respect qui m’ont toujours suivi. »
Son premier éducateur était Christophe Deylaud. Mais, ce soir-là, ce sont surtout les visages retrouvés qui comptent : « Cela me fait plaisir de revoir les gars de ma génération, d’en découvrir d’autres, ceux qui m’ont entraîné et de rendre un peu hommage à ce club où tant de personnes ont donné et donnent encore. » La fête du centenaire est passée, mais l’histoire continue. Cette saison, Frédéric Serres a laissé la présidence à son ex-vice-président Franck Allemane. Célébrer son passé, c’est aussi préparer l’avenir. Comme tous les clubs qui fêtent un anniversaire, l’USP a surtout profité de cette occasion pour resserrer les liens entre les générations et faire vivre ceux qui la feront grandir demain.