

Le clin d’œil du calendrier est symbolique. Le Centre National de Rugby de Pantin a officiellement été inauguré mercredi 7 octobre, trois jours seulement avant le soixantième anniversaire du Rugby Olympique de Pantin, son club résident. Une manière de relier l’histoire d’un club profondément ancré sur son territoire à celle d’un nouvel équipement tourné vers l’avenir.
Autour de Florian Grill, président de la Fédération Française de Rugby, de nombreuses personnalités ont participé à cette inauguration : Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité National Olympique et Sportif Français, Bruno Carrère, président du Rugby Olympique de Pantin, Pascale Lemaire-Toquec, directrice générale de l’École des XV, Bertrand Kern, maire de Pantin, Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Marie-Cécile Tardieu, directrice générale de l’Agence nationale du Sport, Patrick Karam, vice-président du Conseil régional d’Île-de-France représentant la présidente de Région, et Vanessa Seddik, sous-préfète et secrétaire générale adjointe de la Préfecture de la Seine-Saint-Denis.
Avec ses trois terrains, ses espaces de vie, son Club House, ses salles de travail et ses chambres, le Centre National de Rugby a été pensé pour multiplier les usages. Équipes de France, stages d’équipes étrangères, clubs locaux, écoles ou associations peuvent ainsi se croiser dans un même lieu.
Un projet d’envergure rendu possible par la mobilisation de plusieurs acteurs publics aux côtés de la FFR. « L’investissement représente plus de 30 millions d’euros. Nous avons heureusement bénéficié du soutien de l’État et de l’Agence nationale du Sport, mais aussi d’un soutien important de la Région Île-de-France, qui travaille avec nous sur l’ensemble des territoires. Le Conseil départemental, propriétaire du terrain, nous accompagne également, tout comme la Ville de Pantin, qui a délivré le permis de construire », rappelle Florian Grill.
Dans un territoire où disposer de nouveaux équipements sportifs constitue un enjeu majeur, l’arrivée du Centre ouvre de nouvelles perspectives. « Je crois que nous faisons quelques jaloux ! Des installations neuves sont extrêmement rares en première couronne, d’autant plus que la pression foncière y est très forte et qu’il est difficile d’y implanter des terrains. Nous avons la chance d’être accueillis dans un complexe entièrement neuf. Cela permet à tous les pratiquants du secteur de se projeter dans l’avenir et d’imaginer ce que pourrait être le rugby de demain en Seine-Saint-Denis. Et il en a bien besoin », souligne Bruno Carrère, président du Rugby Olympique de Pantin.

Car la vocation du site ne se limite pas à proposer un nouvel outil au service de la performance. Son implantation en Seine-Saint-Denis doit aussi lui permettre de jouer un rôle auprès des habitants et des acteurs locaux. « Ce n’est pas anodin d’être ici, dans le 93, l’un des départements les plus peuplés et les plus jeunes de France. Pour nous, il est essentiel que ce Centre National de Rugby soit ouvert à l’ensemble du quartier. Il accueille le club de Pantin, qui est bien sûr chez lui, mais aussi le club de Bobigny ou encore l’École des XV, avec laquelle nous travaillons et qui œuvre pour l’intégration par le rugby. Cette ouverture est importante et s’inscrit pleinement dans l’esprit de la fédération à mission, notamment dans son rôle éducatif et sociétal », explique Florian Grill.
Cette ouverture constitue justement l’une des ambitions du projet. Faire du Centre un lieu où se rencontrent le haut niveau et le rugby du quotidien, la jeunesse et les internationaux, mais également différentes formes de pratiques et différents publics. Une philosophie qui rejoint celle du Rugby Olympique de Pantin. « Dès l’origine, nous avions imaginé ce site comme un lieu d’innovation, capable de préfigurer ce que le rugby pourrait devenir demain. Le rugby de demain, c’est un rugby pour tous, présent sur tous les territoires, ouvert à chacun et à toutes les formes de pratique. C’est ce qu’il est en train de devenir et nous sommes très fiers de pouvoir y contribuer », poursuit Bruno Carrère.
Au nord de Paris, le Centre National de Rugby Pantin va ainsi devenir bien plus qu’un équipement sportif. Un lieu où l’on vient s’entraîner, bien sûr, mais aussi apprendre, travailler, se rencontrer et partager. Un espace dans lequel l’énergie de la jeunesse peut côtoyer l’exigence du haut niveau et où chacun, quels que soient son âge, sa pratique ou son parcours, doit pouvoir trouver sa place.
Cette ambition répond à une volonté : faire vivre le site au-delà des entraînements et des compétitions et utiliser le rugby comme un outil capable d’agir sur son environnement. « Nous voulons des sites vivants, parce que le rugby a cette capacité à avoir un véritable impact sur la société. Nous voulons que nos Centres Nationaux de Rugby, à Marcoussis comme ici, puissent accueillir les équipes de France, notamment les plus jeunes, ou encore des stages d’équipes étrangères, tout en restant ouverts sur le monde, sur leur quartier et sur toute sa diversité », insiste Florian Grill.
À Pantin, performance sportive et utilité sociale sont ainsi appelées à partager le même terrain. Avec une ambition résumée par le président de la FFR et gravée sur les murs : « L’objectif, ce n’est pas simplement de transformer les essais, mais aussi de contribuer à transformer les personnes. »
LES 3 POINTS À RETENIR