Quel joueur ou dirigeant qualifié pour un tour de phase finale n’a jamais consulté frénétiquement l’onglet compétitions de MCH dès le lundi matin pour découvrir son futur adversaire et le lieu de la rencontre ? Certains ont même parfois pu s’interroger sur le choix du terrain retenu ou sur une annonce qui se fait attendre. Pourtant, derrière chaque désignation se cache une mécanique bien rodée, mêlant critères sportifs, contraintes logistiques et capacité d’adaptation de l’ensemble des acteurs concernés.
Bastien Cauderlier, chargé des compétitions à la FFR, souligne :« C’est une période passionnante, car les phases finales représentent l’essence même de notre sport. Dès le lundi, le service compétitions est mobilisé. Chaque mardi matin, tout au long des phases finales, nous réunissons en visioconférence les responsables des épreuves des Ligues afin d’étudier les différentes possibilités. Leur implication est remarquable et nous parvenons toujours à trouver des terrains adaptés. »
Dans les grandes lignes, deux situations se présentent. La première concerne les clubs qui ont fait acte de candidature auprès de leur Ligue pour accueillir des rencontres de phases finales, parfois plusieurs mois à l’avance, parfois au fil de la compétition. La seconde regroupe ceux qui ne se sont pas portés volontaires. Une fois l’affiche connue, les organisateurs recherchent alors un terrain neutre situé au plus près de la mi-distance entre les deux équipes qualifiées. Si un stade candidat se trouve dans cette zone, sa Ligue vérifie sa disponibilité avant de transmettre la proposition à la FFR pour validation.
Pour les finales, la décision revient systématiquement à la Fédération. Lorsqu’aucun club candidat ne répond aux critères géographiques, les Ligues sollicitent directement les structures susceptibles d’accueillir la rencontre jusqu’à trouver un site adapté. Capacité d’accueil, niveau d’homologation, dispositif de sécurité ou potentiel d’affluence sont alors étudiés avec attention. S’ajoutent souvent des contraintes calendaires : à cette période de l’année, de nombreux stades sont indisponibles en raison de travaux de rénovation ou du remplacement des pelouses programmés dès la fin de saison.
Pour Patrick Béziat, responsable de la commission des épreuves et de la billetterie de la Ligue Sud PACA, la géographie joue un rôle important dans la recherche de terrains neutres. Située à l’extrême sud-est du pays, sa Ligue dispose de moins d’options que des régions plus centrales. Les stades retenus se trouvent ainsi souvent dans le Vaucluse ou les Bouches-du-Rhône. « Certains clubs refusent parfois d’accueillir une rencontre, notamment parce que cela représente une charge importante en termes d’organisation ou de mobilisation des bénévoles »,explique-t-il.
Une fois le site désigné, le club organisateur perçoit une aide fédérale à l’organisation d’environ 300 euros. La billetterie, obligatoire et dont les tarifs sont encadrés, fait ensuite l’objet d’une répartition précise : 40 % des recettes reviennent au club hôte, 10 % à chacun des deux clubs finalistes, tandis que le solde est partagé entre la Ligue et la FFR. « Lorsqu’une forte affluence est attendue, un délégué financier peut également être désigné pour accompagner le club organisateur », précise Bastien Cauderlier. Les recettes annexes (buvette, restauration, produits dérivés ou tombola) restent intégralement acquises au club accueillant. De leur côté, les équipes qualifiées bénéficient de prises en charge et de primes liées à leur parcours sportif. Un dispositif qui se répète chaque semaine jusqu’à la dernière finale de la saison.