Depuis la saison dernière, l’agora du président s’est déclinée en plusieurs agoras. Élus, salariés et intervenants de la FFR s’y succèdent pour présenter des choix, des nouveautés et répondre aux questions. Structurés autour de quatre grands thèmes, auxquels s’ajoute l’intervention présidentielle finale sous forme de questions-réponses, ces temps d’échange résolument démocratiques ont une nouvelle fois séduit à Brest.
À 9 h 45, l’Agora fait son entrée au Congrès de la FFR et ouvre officiellement les échanges dans le cadre majestueux des Ateliers des Capucins. Animée par Laurie Delhostal, cette première des quatre tables rondes est consacrée au thème : « Comment s’inspirer de la filière du haut niveau dans vos clubs ». Jordan Roux, vice-président en charge des Territoires et de la Filière Jeune, et Olivier Lièvremont, directeur technique national, donnent le coup d’envoi.
« Nous cherchons à simplifier nos méthodes et notre vocabulaire. Le lien avec le milieu scolaire est essentiel », souligne Jordan Roux, avant de présenter l’évolution des Académies-pôles Espoirs, qui intégreront des structures dédiées aux garçons, aux filles et aux arbitres. Le DTN rappelle ensuite que le Projet de Performance Fédéral reste « le document guide » de la formation française : « Laissons à chacun le temps de progresser à son rythme. Prenons soin de tous. » Un message renforcé par l’application Génération Bleue, pensée comme un outil d’accompagnement des clubs.
Les congressistes désormais installés autour de la scène semi-circulaire, la deuxième agora apporte des réponses à une question que se posent de nombreux clubs : « Comment les nouveaux règlements généraux de la FFR (NRG) peuvent-ils simplifier le quotidien ? » Autour de Sylvain Derœux, secrétaire général de la FFR, Xabi Etcheverry, vice-président en charge des compétitions amateurs, Jordan Roux, vice-président en charge des Territoires et de la Filière Jeune, Alice de Robillard, responsable juridique Gouvernance et Intégrité, et Alexis Pineau, chargé des compétitions, détaillent les principales évolutions et lèvent les interrogations des dirigeants présents.
Face à la complexité des règlements généraux, l’application Mon Rugby, dont le lancement est prévu en juillet 2027, est présentée dans le sillage d’Oval-e. Avec Mon Rugby, la prise de licence sera facilitée « en trois clics » (possibilité de souscrire sa licence depuis son téléphone) ou via des licences flash, notamment pour les nouveaux licenciés ou les licenciés remplaçants en cours de saison, par exemple. Il sera également possible de déléguer la création de licences à d’autres intervenants plus habitués aux outils numériques. « L’idée est toujours de faciliter la vie des clubs et de leurs acteurs que vous êtes, insiste Xabi Etcheverry. Exemple, pour la modification d’une rencontre ou d’un détail de rencontre, il suffira de l’accord du club adverse. »
Les échanges permettent de préciser les évolutions des nouveaux règlements généraux. Désormais, de nombreuses démarches pourront être effectuées directement via les outils fédéraux, sans passer systématiquement par les Ligues ou la FFR. « L’inscription aux compétitions se fera via cet outil. La simplification administrative est une priorité », souligne Alexis Pineau. Interrogé sur la purge des suspensions lors des matchs amicaux, Sylvain Derœux rappelle que « World Rugby nous impose de conserver ce dispositif », tout en annonçant un encadrement renforcé afin de limiter les dérives.
Place ensuite à la troisième thématique, consacrée au développement de la pratique chez les jeunes. Laurent Estampe, vice-président délégué aux Écoles de rugby, Nathalie Janvier, vice-présidente déléguée Attractivité et Fidélisation, Pascale Terrier-Demoustier, vice-présidente Développement du rugby féminin, et Damien Ressiguié, directeur technique de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, présentent plusieurs leviers pour accompagner les clubs. Parmi les annonces, la Semaine nationale des Écoles de rugby devient « C’est la rentrée du rugby » et s’étendra désormais sur deux mois. « Cette durée correspond davantage à la réalité des clubs. Attirer de nouveaux licenciés reste une priorité, notamment grâce au développement des antennes : nous en comptons déjà 80, avec un objectif de 200 », précise Laurent Estampe.

À partir du 24 août, les clubs affiliés à la FFR disposeront d’un nouvel outil digital gratuit pour accompagner les éducateurs, entraîneurs et staffs…
La troisième agora met l’accent sur la santé, l’accueil et la fidélisation des pratiquants. Olivier Capel, médecin référent de la FFR, annonce qu’après une saison de test, le port du protège-dents deviendra obligatoire dès 2027-2028, y compris chez les M6. Il rappelle également que l’importance du carton bleu qui est avant tout un outil de prévention. Les échanges se poursuivent sur la fidélisation des adolescents et le développement du rugby féminin. « Nous adaptons nos formats et notre communication pour mieux toucher cette génération », explique Nathalie Janvier. Pascale Terrier-Demoustier met en avant Rugby pour Elles et Écol’Ovale, ainsi que la distribution de 35 000 ballons dans les écoles.
La quatrième et dernière agora est consacrée à la transformation digitale de la FFR. Jordan Roux, Marion Kellin, vice-présidente de la FFR en charge de la formation, et Aurélie Barazer, directrice déléguée de l’INEF, présentent les nouveaux outils numériques, dont les formations à distance de l’INEF, conçues pour permettre aux bénévoles et dirigeants de monter en compétences plus facilement.
Lors des questions-réponses, la protection des données informatiques est un sujet. « Comme d’autres fédérations, nous avons subi une cyberattaque, explique Rémi Witkowski, responsable du pôle logiciel de la FFR. Nous avons réagi rapidement en renforçant la sécurité de l’ensemble de nos outils, existants comme nouveaux. »
Point d’orgue de la journée, l’agora présidentielle clôture cette édition 2026 du Congrès dans un format d’échange direct avec les congressistes, les clubs et les bénévoles. Très vite, les questions fusent. Florian Grill revient sur le redressement financier de la Fédération : « Nous avons récupéré une FFR en quasi-dépôt de bilan. Aujourd’hui, les comptes sont redressés et 4 millions d’euros ont été reversés à Rugby au Cœur pour accompagner les clubs. »
Aux côtés du vice-président à l’International Abdelatif Benazzi, le président de la FFR évoque également les avancées obtenues sur la scène internationale : abaissement de la ligne de plaquage, meilleure diffusion des matchs du XV de France Féminin, accueil de l’étape bordelaise du circuit mondial de rugby à 7. Prochaine ambition affichée : obtenir l’accréditation des terrains synthétiques afin d’encadrer leur homologation et d’en maîtriser les coûts.
Autre sujet fort de cette agora, la FFR à missions continue de porter ses fruits en ayant notamment convaincu douze nouveaux partenaires de rejoindre l’aventure. « Les critères de fidélisation, le nombre d’éducateurs par joueur et la féminisation du rugby prendront une place grandissante dans le Label Club Engagé », annonce Florian Grill. Les échanges abordent également les coûts de déplacement, les terrains, les incivilités, ainsi que les effectifs des catégories cadets et juniors. Sur le rugby féminin, le président fixe le cap : « C’est le challenge de la décennie. Nous voulons trouver cinq à six partenaires qui accompagneront durablement le XV de France Féminin. »
Tourné vers l’avenir, Florian Grill rappelle les défis qui attendent les clubs : hausse des coûts, baisse des aides publiques et privées, recul démographique annoncé à l’horizon 2035. « Il était indispensable de redresser les finances de la Fédération pour continuer à soutenir les clubs », conclut-il. Après une journée riche en échanges, les congressistes se retrouvent dans une ambiance plus festive à l’occasion de la bodéga des régions.

À l’occasion du Congrès de la FFR 2026, organisé cette année à Brest, les différents stands ont investi les Ateliers des Capucins. Parmi eux,…