France Rugby
Vous allez intégrer le World Rugby Hall of Fame. Comment avez-vous accueilli cette annonce ?
Abdelatif Benazzi :
Je ne vous cache pas que ce fut une belle surprise. Des choses comme ça, on pense les avoir à la fin de sa carrière, mais finalement, quand je regarde l’histoire du Hall of Fame, je vois qu’il y a aussi des anciens joueurs qui ont continué à s’engager pour le rugby, pour ses valeurs, et qui sont récompensés. Donc voilà, ça arrive à cette période de ma vie, mais je ne trouve pas vraiment mes mots.
Quand World Rugby m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, j’ai été traversé par une émotion que j’avais déjà ressentie lorsque je jouais, après un grand match ou une belle victoire avec les copains. On ne réalise pas tout de suite. Puis, après, on se rend compte de ce que cela signifie : faire partie d’une institution internationale, aux côtés de grands noms du rugby.
C’est évidemment beaucoup d’honneur et de fierté. Mais j’ai aussi le sentiment que cela donne une responsabilité supplémentaire. Encore une fois, cela donne envie de préserver ce sport qui nous est si cher.
Je pense notamment aux grands noms français qui sont déjà au Hall of Fame : Jean-Pierre Rives, Serge Blanco, Jean Prat, Andre Boniface, Pierre Villepreux, Philippe Sella…
Mes premières pensées vont donc à mon professeur d’école, qui m’a donné un ballon et m’a dit : « Abdel, voilà ce sport. Tu vas aller à la ligne, tu vas tout droit. » Cette phrase et cette philosophie m’ont beaucoup servi ! Je pense aussi à mes clubs d’Oujda, à Cahors, à Agen, à tous mes entraîneurs et à tous les joueurs avec lesquels j’ai joué. Chacun a contribué, à sa manière, à ce parcours.