

Changer de regard en changeant de rôle. À Navarrenx, les jeunes joueurs et joueuses ont momentanément quitté leur statut habituel pour découvrir celui d’arbitre. Organisée dans le cadre des Journées de l’arbitrage La Poste, la journée s’est appuyée sur un plateau exceptionnel de l’école de rugby. Les moins de 12 et moins de 14 ans ont participé à différents ateliers avant que certains volontaires ne prennent eux-mêmes le sifflet pour diriger des rencontres.
Présent à leurs côtés, l’arbitre professionnel Evan Urruzmendi a pu mesurer leur implication : « C’était vraiment intéressant de voir tous ces joueurs et joueuses participer aux ateliers avec autant d’attention. Leurs réponses étaient souvent justes. C’est une manière de leur faire découvrir l’arbitrage de façon ludique et dans un très bon état d’esprit. »
Point d’orgue du programme « Tous arbitres », les Journées de l’arbitrage s’inscrivent dans l’engagement de La Poste auprès des arbitres. Elles répondent notamment à un enjeu partagé par les fédérations : attirer de nouveaux profils vers l’arbitrage et les accompagner dans la durée. À Navarrenx, la sensibilisation est passée par la pratique et par des situations adaptées aux plus jeunes. Une approche qui dépasse la seule connaissance de la règle.« Voir des enfants travailler de manière aussi ludique autour de valeurs comme la tolérance et le respect est une vraie satisfaction, souligne Jean-Raphaël Gaitey, responsable des partenariats sportifs au sein de la direction de la communication du groupe La Poste. Avec la FFR, nous déployons concrètement des outils pédagogiques sur le terrain. Au-delà de l’arbitrage, nous contribuons aussi à former les citoyens de demain. »
Cette démarche se déploie largement sur le territoire. « Nous avons atteint une véritable maturité avec la Fédération Française de Rugby dans la manière de faire vivre l’opération partout en France. Cette année encore, 200 sites accueillent des jeunes et des moins jeunes pour les inviter à se mettre dans la peau d’un arbitre », poursuit Jean-Raphaël Gaitey.
Pour le Président de la FFR, Florian Grill, la découverte de l’arbitrage permet aussi de transmettre l’un des fondamentaux de la culture rugby. « L’arbitre incarne une valeur cardinale de notre sport : le respect. Lorsque je rencontre les enfants dans les écoles de rugby et que je leur demande quelles sont les valeurs du rugby, c’est celle qu’ils citent en premier. Cela vient aussi, je crois, de cette culture du respect de l’arbitre profondément ancrée dans notre sport. »
Cette sensibilisation répond également à un besoin concret. La FFR compte aujourd’hui un peu plus de 3 000 arbitres, quand environ 3 600 seraient nécessaires pour couvrir l’ensemble des rencontres. Dans cette dynamique, les clubs constituent le premier terrain de découverte et de formation. « Nous avons un véritable enjeu de recrutement. Les clubs doivent, selon leur niveau, fournir un certain nombre d’arbitres et jouent donc un rôle majeur dans la sensibilisation. Les écoles d’arbitrage permettent ensuite de les former et de suivre leur progression. »
Cette formation passe aussi par l’analyse des performances et l’acceptation d’une réalité inhérente à la fonction : toutes les décisions ne peuvent pas être parfaites. « Notre objectif se situe autour de 85 % de bonnes décisions. On ne sort pas un buteur de l’équipe parce qu’il réussit 85 % de ses tentatives. Un arbitre est lui aussi faillible. Le rugby est un sport complexe, et cette complexité participe également à sa beauté », rappelle le président de la FFR.
L’expérience proposée aux jeunes de Navarrenx permet enfin de découvrir une autre dimension de la fonction. Arbitrer oblige à prendre des décisions, assumer ses choix et trouver les mots pour les faire comprendre. « Piloter le jeu, savoir s’adresser à la fois aux joueurs et aux tribunes, c’est une expérience humaine très forte. Ce sont des compétences qui leur serviront toute leur vie, y compris dans leur parcours professionnel. L’arbitrage est un véritable choix de carrière, mais aussi un choix de vie », conclut Florian Grill.
LES 3 POINTS À RETENIR
Crédit photo : Photographies Sportives / Barbara SAVES