La famille du rugby français s’est réunie au cimetière de Franconville (Val-d’Oise) pour rendre hommage à Charles Brennus. Une cérémonie empreinte d’émotion, marquée par l’inauguration du monument restauré de celui qui a donné son nom au plus prestigieux trophée du rugby français.
La veille de la finale du Top 14, les regards ne se sont pas uniquement tournés vers le Stade de France. À Franconville, dans le Val-d’Oise, c’est un autre symbole du rugby français qui était à l’honneur. Florian Grill, président de la Fédération Française de Rugby, Yann Roubert, président de la Ligue Nationale de Rugby, les représentants de la Ligue Île-de-France, du SCUF, club crée par Charles Brennus, sa famille, ainsi que plusieurs anciens joueurs, se sont réunis pour inaugurer le monument restauré dédié au créateur du célèbre trophée.
Si son nom est aujourd’hui indissociable du célèbre Bouclier remis chaque année au champion de France, Charles Brennus – de son vrai nom Brennus Ambiorix Crosnier – a surtout été l’un des grands bâtisseurs du rugby français. Figure incontournable de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, il a contribué au développement de ce sport en France, au point d’être décoré de la Légion d’honneur le 14 juillet 1920 pour les services rendus au rugby.
Décédé le 29 décembre 1943, il repose depuis 1944 au cimetière de Franconville. Longtemps tombée dans l’anonymat, sa sépulture a été reprise par la Fédération Française de Rugby en 1981, qui l’avait alors restaurée en y intégrant une représentation du Bouclier de Brennus.
Au fil des décennies, le monument s’est toutefois dégradé. Un constat qui a conduit les acteurs du rugby francilien à lancer un ambitieux projet de restauration il y a quelques années sous l’égide du regretté Gilbert Dérus, ancien président du Comité Départemental de Rugby du Val-d’Oise, « avec le temps, le Bouclier qui orne la tombe s’est abîmé. Nous avions été alertés par un habitant de Franconville sur son état et nous avons décidé de faire quelque chose. Nous avons consulté un sculpteur pour créer un monument. Pour financer cette rénovation, nous avons recherché des donateurs. De nombreux chefs d’entreprise nous ont suivis, tout comme le Comité Départemental, la Ligue Régionale et la Fédération Française de Rugby. »
Pour donner une nouvelle dimension à ce lieu de mémoire, l’artiste Thierry Courtadon a imaginé une œuvre monumentale en pierre de Volvic. Sa création dépasse la simple restauration d’une sépulture pour devenir un véritable hommage à l’histoire du rugby français. Les deux grandes arches qui s’élèvent au-dessus du monument évoquent des bras brandissant le Bouclier de Brennus vers le ciel, tandis que la pierre volcanique rappelle à la fois la rudesse des terrains de rugby et la force des valeurs qui animent ce sport. Le disque central, finement ajouré, symbolise quant à lui une feuille de papier, comme une page d’histoire écrite par Charles Brennus et poursuivie, génération après génération, par tous les acteurs du rugby français.
Le choix de cette inauguration à la veille de la finale du Top 14 n’avait rien d’un hasard. Quelques heures avant que le Bouclier ne retrouve les mains des joueurs du Stad Toulousain, le rugby français a tenu à rendre hommage à celui qui lui a donné son identité. Un moment de mémoire pour rappeler que derrière le trophée le plus convoité du championnat se cache l’héritage d’un homme dont l’œuvre continue, plus d’un siècle après, à rassembler tout un sport.







